Théâtre

Volodymyr de Rambouillet

Bloqué à Saransk en Russie chez la mère de sa compagne, Volodymyr, critique littéraire français, assiste en direct au basculement du monde. La guerre éclate et le quotidien se dérègle. La langue trébuche, la politique s’invite à table, l’amour se fragilise. L’exil forcé devient matière à écriture.

De retour en France, Volodymyr monte son drame dans un théâtre à Rambouillet. Sur scène, la guerre d’Ukraine résonne autrement. Une pièce vive, drôle et inquiète, ancrée dans le présent à la manière de Tchekhov.


Fabien Neyrat a travaillé en Ukraine et en Arménie. Il est l’auteur de plusieurs récits chez PhB éditions (Luc 31.3, Le parasol de Thalès).

Vitrail en couverture et dessins intérieurs : Nikita Kravtsov.

 

 

Melle

Melle a vingt ans.

Elle a quitté la fac sans finir ses études et s’est installée avec un gars du coin. Ils vivent dans un village où tout semble figé. Au rythme des petits boulots et des soirées de potes, elle cherche un sens à sa vie. Rester ou prendre le large devient une question lancinante.

La pièce entrelace scènes dialoguées et pages du journal intime de Melle. Les dialogues dessinent la vie collective rurale, avec ses solidarités et rivalités, tandis que le journal révèle, jusque dans son orthographe, les hésitations d’une jeune adulte.

Entre attachement au groupe et envie de partir, le fragile équilibre de Melle finit par basculer.

Passionné de littérature et de philosophie, Jean-Charles Noir a fait du théâtre le cœur de son parcours : mise en scène, direction d’acteurs, production. Aujourd’hui, il accompagne des artistes comme dramaturge, œil extérieur, assistant et chargé de diffusion. Ses collaborations se déploient en France et à l’international. « Melle » est sa deuxième pièce.

 

 

Tu ne tairas point

Sally, Floue, Frost. Deux sœurs et un frère victimes d’inceste au sein d’un cocon familial qui n’a pourtant pas l’apparence de la barbarie. Comment dire l’horreur ?

Comment se construire avec cette histoire, quand le poids de la parole engage et détermine la suite de la vie ?

Dans cette traversée sur plusieurs années, il sera aussi question d’amour, de solidarité, de sépulture d’abeilles, d’alcool fort, d’un canard placide, d’une envahissante suicidée, et de l’invention de sa singularité pour sortir de la nuit et mieux habiter le monde.

Parler pour nommer le réel, afin de ne jamais consentir à ce qui nous abîme.

Stéphanie Marchais est autrice dramatique française et a publié de nombreuses pièces de théâtre. « Tu ne tairas point », un de ses récents textes, est lauréat de l’aide à la création ARTCENA 2024.

 

 

Œdipe à la montagne

« Œdipe à la montagne » n’est ni une tragédie, ni une comédie, mais pourtant un peu les deux. 
C’est une station intermédiaire, comme ces lieux où l’on vient méditer sans savoir si l’on en repartira. 
Trois frères s’y retrouvent, face au spectre de leur mère en fin de vie, à leur passé, à eux-mêmes. Comme souvent, ils parlent beaucoup pour ne rien décider.
L’humour, ici, est une politesse face au vide ; l’âcreté, un aveu d’amour mal formulé. Quant au mythe d’Œdipe, il plane à basse altitude, transformé : plus personne ne tue son père, mais tout le monde tergiverse devant une mère qui ne demande qu’à disparaître.
Cette pièce interroge la mémoire, la vieillesse, les liens familiaux, avec cette question simple, à laquelle personne ne veut répondre : qui va s’en occuper ?
Les personnages n’ont pas de fiche signalétique. Pas de liste au début. Pas de description. 
C’est une pièce qui préfère les faire apparaître autrement : par ce qu’ils disent, par ce qu’ils taisent, par les maladresses et les glissements du dialogue. On les devine, on les reconnaît peu à peu – comme dans la vie, où les rôles ne sont jamais clairs au premier regard.


Antoine Barret est l’auteur de plusieurs pièces de théâtre. Il a écrit « Œdipe à la montagne » comme on rédige une lettre qu’on n’osera jamais poster. Aux siens, à lui-même peut-être.