Pourquoi, au jardin du Luxembourg, voit-on défiler des groupes d’Américains menés par des accompagnatrices coiffées d’un béret rouge ?
Rassurons-nous : aucune unité parachutiste n’a pris d’assaut le Quartier latin. Ces visiteurs suivent simplement les traces des lieux de tournage de la série « Emily in Paris », dont l’héroïne – adepte du béret rouge – apparaît dès les premiers épisodes en train de courir dans les allées du Luco.
Jardin parisien parmi les plus célébrés par les écrivains, le Luxembourg est aussi un décor de prédilection pour le cinéma. Plus de soixante films y ont trouvé leur cadre.
Après avoir peint ses chaises et rendu hommage à ses sculptures, Bernard Soupre lui consacre ici un troisième volet, en explorant cette fois sa présence à l’écran. À travers les vingt-huit films qu’il a choisis, il propose une nouvelle manière de regarder ce lieu singulier, révélant, derrière l’évidence du décor, la part de fiction qui en rafraîchit sans cesse la magie.
Le Luxembourg fait son cinéma.
Depuis trente ans, Bernard Soupre explore le jardin du Luxembourg à travers huiles et aquarelles. Son regard d’artiste en dévoile des facettes insoupçonnées, au cœur du plus emblématique des parcs parisiens.
« Io e Te » est un livre de dialogue entre deux univers artistiques : celui de Fersten (1940-2025), dessinateur à l’humour tendre et décalé, et celui de sa fille Muriel Ferstenberg, peintre d’un monde plus mouvant, plus énigmatique. L’ouvrage est traversé par une réflexion sur la mémoire, la transmission et la filiation.
Les dessins de Fersten transforment les expériences les plus graves en sourires discrets. Derrière le gag et l’absurde affleurent pourtant la guerre, la perte et la fragilité humaine. Son humour apparaît comme une forme de résistance au chaos et à l’effacement.
Les peintures de Muriel Ferstenberg prolongent cet héritage en le métamorphosant. Ses figures humaines et animales, instables et souvent à la frontière de la disparition, explorent la vulnérabilité, le mouvement et l’incertitude de l’existence. Elles ne racontent pas des histoires ; elles donnent forme à des états intérieurs.
Au cœur du livre se trouve également un poème consacré à la disparition du père. Muriel y évoque le deuil, l’absence, le dialogue interrompu, mais aussi la persistance de l’œuvre et du lien. Peu à peu, la douleur s’ouvre à une forme d’apaisement : l’art devient le lieu où les deux parcours créatifs se rejoignent et continuent de vivre ensemble.
« Io e Te » n’est pas seulement un hommage filial ; c’est une méditation sensible sur ce qui demeure après la perte. Entre dessins, peintures et textes, le livre montre que la transmission est moins conservation que transformation, et que la mémoire peut être portée autant par l’émotion que par l’humour.
Muriel Ferstenberg est une artiste peintre française. Son univers pictural, marqué par une grande liberté chromatique et une forte expressivité, s’est développé à travers de multiples collaborations artistiques et culturelles, notamment autour de la mémoire et du spectacle vivant. Son travail a été exposé dans de nombreuses galeries en France et en Belgique.